Déchets ménagers: la Tunisie vise 30 % de valorisation d’ici 2030

La Tunisie s’est fixé, dans le plan de développement 2026-2030, un objectif de moyen terme: valoriser 30 % des déchets ménagers d’ici 2030. Le pays produit aujourd’hui environ 2,8 millions de tonnes de déchets ménagers par an, dont plus de 9 % de plastiques. Seuls 10 % de ce volume sont actuellement valorisés, alors que les estimations prévoient un doublement de la quantité d’ici 2050. Le secteur emploie déjà plus de 18 000 personnes et compte quelques centaines d’entreprises, dont 231 créées par des diplômés de l’enseignement supérieur.
L’infrastructure publique comprend 11 décharges contrôlées, 6 décharges municipales et 58 centres de collecte et de transfert, autour de filières de recyclage dont Éco-Lef. Le plan mise sur le partenariat public-privé et sur cinq unités de traitement et de valorisation pour faire reculer la mise en décharge au profit du recyclage et de la valorisation matérielle, énergétique et organique. Les financements prévus pour la gestion des déchets, principalement via l’Anged, représentent 20 % du budget des projets environnementaux, fixé à près de 6,8 milliards de dinars.
Le texte souligne aussi le poids de l’informel, le besoin de moderniser un cadre réglementaire datant des années 1990, l’ancrage du tri sélectif à la source, le compostage des organiques, le nettoyage des décharges sauvages et l’introduction d’une responsabilité élargie du producteur sur les emballages.
Pour STASE, l’objectif tunisien de 30 % de valorisation d’ici 2030 est un test de gouvernance de filière autant qu’une cible environnementale. Passer de 10 % à 30 % implique de produire moins de « mélange » en amont et de mieux organiser collecte, tri et compostage, avant d’empiler de nouvelles usines. L’expérience suisse offre des enseignements adaptés, sans importer la taxe au sac ni coller des indicateurs hors contexte.
Premier levier: le tri à la source. En Suisse, les communes organisent la séparation dès le foyer (verre, papier, biodéchets, PET), parce que la qualité des apports décide de ce qui est réellement recyclable (OFEV; fiches Vaud / COSEDEC). En Tunisie, l’objectif 30 % gagne en force si tri de proximité et consignes claires avancent en parallèle des cinq unités PPP. Sans flux séparés, les usines risquent un mélange trop contaminé.
Deuxième levier: la densité de collecte. Pour le PET boisson, l’OFEV souligne un réseau de plus de 50 000 points de collecte et un taux de retour élevé (objectif légal ≥ 75 %, pratique au-dessus de 80 %). Ce n’est pas un chiffre à recopier, mais un angle pédagogique: la proximité (commerces, écoles, quartiers) soutient Éco-Lef et les plastiques, réduit la décharge sauvage et alimente le circuit formel.
Troisième levier: compostage et pédagogie. Les guides communaux suisses insistent sur bio-seaux, compostage privé ou partagé, et sensibilisation continue (calendriers, écoles, stands). La Presse évoque déjà compostage et tri à la source: le levier STASE est d’expliquer le geste en même temps que l’on investit, pour transformer les organiques en compost utile à l’agriculture.
STASE recommande de relier ces trois briques avant d’accélérer les seuls investissements lourds. Pour les acteurs suisses de l’environnement (tri, logistique, conseil), la Tunisie ouvre un marché de solutions adaptées si le cadre réglementaire, la REP et le PPP clarifient les rôles. L’objectif 2030 tient si la gouvernance locale convertit l’ambition nationale en routines de terrain.
L’équipe STASE



