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Investir en Tunisie : et si tout commençait par la confiance ?

3 sept.
3 min de lecture

Le 16 septembre dernier, notre président Hafedh Nefti prenait la parole devant la 16e session de la Commission de l'investissement et du développement de la CNUCED, à Genève. Face aux ambassadeurs, aux parlementaires et aux acteurs du développement réunis dans l'enceinte onusienne, il a défendu une idée simple : le véritable moteur de l'investissement en Tunisie n'est ni le prix, ni la qualité, c'est la confiance. Voici les temps forts de son intervention.


Une question qui change tout : « pourquoi pas la Tunisie ? »

Dès le début de ma présidence, j'ai rencontré de nombreux entrepreneurs de la diaspora. L'un d'eux importait, depuis l'Italie, l'Espagne, parfois le Portugal, des matériaux de construction destinés au secteur médical. Je lui ai posé une question toute simple : pourquoi pas la Tunisie ?

Sa réponse m'a marqué. Ce n'était pas le prix. Ce n'était pas la qualité, bien au contraire. C'était la confiance. S'il basculait une partie de ses fournisseurs vers son propre pays, une question revenait sans cesse : et demain ? Les aurai-je encore dans quelques mois ?

Voilà le vrai sujet. Et la bonne nouvelle, c'est que cette confiance, nous pouvons la bâtir.


Des exemples qui montrent le chemin

Des entreprises suisses comme Sika ou Bobst l'ont déjà choisi : des usines, des équipes, des compétences tunisiennes qu'elles sont allées chercher plutôt qu'ailleurs. Ces exemples tracent la voie.

Mais l'avenir ne se joue pas seulement dans une usine ou dans une grande ville. Il se joue aussi dans des milliers de gestes plus petits : une commande de matière première, une semaine de vacances en Tunisie, une dépense de la diaspora. Prises une à une, ce sont des gouttes d'eau. Ensemble, elles irriguent tout le pays. Si l'on redonne confiance à ces petits investissements, ils reviennent, ils se répètent, ils deviennent durables.


Ce que les investisseurs demandent vraiment

Ce que les investisseurs suisses me disent, presque toujours, est simple : ils ne craignent pas le risque. Ils demandent de pouvoir se projeter. Des règles claires. Des guichets qui répondent. Des délais qui tiennent.

C'est cela qu'il reste à bâtir. Et nous pouvons le bâtir ensemble.


Trois engagements concrets pour une chambre bilatérale

Alors, que propose une chambre comme la nôtre ? Trois choses concrètes.


1. Faire de la diaspora un levier d'investissement, pas seulement un canal de transferts. Nos entrepreneurs suisso-tunisiens connaissent le risque de l'intérieur. Ils sont les meilleurs ambassadeurs de ce pont. Donnons-leur la confiance qu'ils méritent, et ils entraîneront le monde avec eux.


2. Faire des chambres implantées hors des pays qu'elles représentent le point d'entrée de confiance des investisseurs. Avant de rencontrer une administration, un investisseur a besoin de rencontrer quelqu'un qui parle son langage, qui comprend ses exigences et ses codes.


3. Ne pas laisser l'Examen de la politique d'investissement de la CNUCED reposer dans un tiroir. Notre chambre s'engage à suivre, avec l'appui de la FIPA et du secteur privé, plusieurs de ses recommandations, non pas seulement à les saluer, mais à les accompagner jusqu'à leur mise en œuvre.


Un pont, dans les deux sens

La Tunisie n'a pas besoin qu'on parle d'elle. Elle a besoin qu'on investisse en elle. Et la Suisse n'a pas besoin qu'on la convainque des valeurs que sont la précision et la confiance : elle les porte déjà dans son ADN économique. Ce qu'elle attend de nous, c'est qu'on lui montre, très concrètement, comment retrouver ces valeurs en Tunisie.

Notre chambre s'y engage. Nous serons ce pont, dans les deux sens, avec l'énergie et la constance qu'il faudra. Entre deux pays qui se ressemblent autant, l'avenir ne se limite pas à un classement : c'est l'occasion de faire de ce pont un modèle, la preuve vivante qu'une confiance cultivée avec patience et exigence devient plus forte que la distance.

Cette opportunité nous appartient à tous. À nous de la saisir, ensemble, pour les générations qui nous regardent.


La Chambre de Commerce et d'Industrie Suisse-Tunisie (CCISTN) est le pont entre les écosystèmes économiques suisse et tunisien. Vous souhaitez explorer les opportunités d'affaires entre les deux pays ? Contactez-nous ou rejoignez notre réseau.

 
 
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