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Casablanca : le méga-projet de valorisation des déchets franchit une étape décisive

  • 5 août
  • 2 min de lecture

Le futur complexe de traitement et de valorisation des déchets de Médiouna, à Casablanca, vient de franchir une étape clé. Le groupe japonais Itochu a annoncé, le 4 août 2026, la signature du contrat de concession avec la commune de Casablanca, ainsi que des contrats d'achat d'électricité avec l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) et la Société régionale multiservices Casablanca-Settat. Le projet est porté par un consortium réunissant l'énergéticien marocain Nareva, le spécialiste suisse de la valorisation énergétique Kanadevia Inova, anciennement Hitachi Zosen Inova, et Itochu, ce dernier intervenant via sa filiale britannique I-Environment Investments Limited au sein de la société de projet Al Beida Clean Power. La concession porte sur 33 ans et six mois, construction comprise.

Le site devra traiter environ 1,5 million de tonnes de déchets ménagers produits chaque année à Casablanca. La chaleur issue de l'incinération alimentera une unité électrique de 115 MW, complétée par une centrale biogaz de 4 MW valorisant le méthane des décharges et une installation solaire de 50 MW installée sur les terrains libérés par la réduction de l'enfouissement, pour une production équivalente à la consommation annuelle d'environ un million de personnes. Le contrat couvre également l'exploitation, la fermeture et le suivi des sites d'enfouissement existants ainsi que la construction de nouvelles installations de stockage. Le démarrage des travaux est programmé pour octobre 2026.



La signature de ces contrats à Casablanca dépasse le cadre d'un simple projet d'infrastructure locale : elle illustre la manière dont la technologie suisse s'impose comme brique centrale d'un chantier stratégique pour l'économie marocaine. Kanadevia Inova, héritière de Hitachi Zosen Inova, apporte un savoir-faire éprouvé en valorisation énergétique des déchets, aux côtés d'un opérateur marocain et d'un investisseur japonais. Ce montage tripartite, structuré sur 33 ans et six mois, confirme la capacité des entreprises suisses à s'inscrire durablement dans des partenariats public-privé de long terme sur le continent africain, au-delà des cycles électoraux ou conjoncturels.

Pour la Chambre de Commerce et d'Industrie Suisse-Tunisie, ce projet offre une grille de lecture directement transposable au contexte tunisien. La Tunisie fait face aux mêmes tensions structurelles : saturation des décharges, coûts croissants de la gestion des déchets ménagers et besoin urgent de diversification énergétique. Le modèle marocain démontre qu'une concession de long terme, adossée à des contrats d'achat d'électricité garantis par les opérateurs publics, permet de sécuriser le financement d'infrastructures lourdes tout en attirant une expertise technologique étrangère de premier plan.

Nous recommandons aux autorités tunisiennes et aux investisseurs privés d'étudier de près l'architecture contractuelle de ce montage, notamment la répartition des risques entre concédant, exploitant et acheteurs d'électricité. La Chambre encourage également les entreprises suisses actives dans la valorisation énergétique et le traitement des déchets à explorer des opportunités similaires en Tunisie, où plusieurs collectivités locales cherchent des partenaires techniques et financiers pour moderniser leurs infrastructures. Un rapprochement structuré entre savoir-faire suisse, capitaux internationaux et besoins tunisiens en gestion durable des déchets pourrait constituer un axe de coopération économique bilatérale à fort potentiel, à l'image de ce que le Maroc met aujourd'hui en œuvre.

Votre équipe CCISTN

Chambre de Commerce et d'Industrie Suisse-Tunisie

 
 
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