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Tourisme alternatif en Tunisie : la BTS investit 10 millions de dinars pour soutenir les jeunes entrepreneurs

  • 21 juin
  • 3 min de lecture
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Et si le prochain visage du tourisme tunisien n’était pas celui des grands complexes balnéaires, mais celui de jeunes diplômés lançant leur propre projet d’écotourisme dans l’intérieur du pays ? C’est le pari que vient de faire la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS), en mobilisant une enveloppe de 10 millions de dinars dédiée au financement de microentreprises touristiques. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification économique, et qui mérite l’attention de tous ceux qui suivent, ou investissent dans, l’écosystème tunisien.


Le 19 juin 2026, sous la supervision du ministre du Tourisme, la BTS, l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) et l’Agence de Formation aux Métiers du Tourisme (AFMT) ont signé deux conventions de partenariat. Leur objectif : renforcer la formation, l’accompagnement et le financement des microprojets touristiques portés par de jeunes promoteurs, qu’ils soient diplômés de l’enseignement supérieur ou issus des établissements de formation professionnelle de l’AFMT.


Concrètement, le dispositif prévoit plusieurs axes structurants :


  1. Une enveloppe de 10 millions de dinars ciblant les microentreprises actives dans le tourisme alternatif, écotourisme, tourisme culturel, animation et loisirs.


  2. 50 % des fonds réservés aux régions de l’intérieur, un signal fort en faveur d’un rééquilibrage territorial du secteur, historiquement concentré sur le littoral.


  3. Le financement de 50 microentreprises portées par des diplômés du supérieur, dans le cadre d’un programme pilote.


  4. Un second programme dédié au financement de 100 microentreprises portées par les diplômés des établissements de formation professionnelle de l’AFMT.


  5. Des sessions de formation conjointes BTS-AFMT sur les mécanismes de création d’entreprise.


  6. Des prix financiers récompensant les meilleures microentreprises touristiques.


  7. La création d’un comité de suivi au sein du Ministère du Tourisme pour piloter la mise en œuvre.


Cette initiative traduit une volonté affichée de diversifier l’offre touristique tunisienne au-delà du modèle balnéaire traditionnel, tout en activant un puissant levier d’inclusion économique : l’entrepreneuriat des jeunes diplômés, particulièrement dans les régions souvent en marge des grands flux d’investissement.


Avec ce dispositif, la Tunisie envoie un signal clair : le tourisme de demain se construira aussi par le bas, à travers des centaines de microprojets ancrés dans les territoires. Pour les acteurs économiques suisses et tunisiens, c’est une fenêtre d’opportunité à suivre de près que ce soit en matière de partenariats, de transfert de savoir-faire ou d’accompagnement à l’export de ce nouveau tourisme tunisien.




" Ce dispositif de 10 millions de dinars s’inscrit dans une logique économique cohérente à plusieurs niveaux. D’abord, il cible un segment historiquement sous-financé : la microentreprise touristique, souvent jugée trop petite ou trop risquée pour les circuits bancaires classiques. En confiant ce rôle à la BTS , banque historiquement positionnée sur le financement de proximité et l’inclusion économique, l’État mobilise l’instrument le plus adapté à ce type de risque.


Le choix d’allouer 50 % de l’enveloppe aux régions de l’intérieur est particulièrement significatif. Il répond à un déséquilibre structurel bien documenté : la concentration du tourisme tunisien sur le littoral a longtemps laissé les régions intérieures à l’écart des retombées économiques du secteur, alors qu’elles disposent d’un patrimoine naturel et culturel à fort potentiel pour l’écotourisme et le tourisme culturel.


Sur le plan quantitatif, l’objectif de 150 microentreprises financées (50 + 100) reste un projet pilote à l’échelle modeste rapporté aux besoins du secteur. Sa réussite dépendra moins du montant mobilisé que de trois facteurs clés : la qualité de l’accompagnement post-financement, la capacité du comité de suivi à coordonner effectivement les parties prenantes, et la solvabilité réelle de ces microprojets une fois confrontés au marché


Recommandations concrètes


Pour les investisseurs suisses : ce type de dispositif crée un terreau favorable pour des partenariats en formation, ingénierie touristique durable ou financement complémentaire (cofinancement, garanties, fonds d’amorçage), notamment via des structures suisses spécialisées en finance d’impact.


Pour les porteurs de projets tunisiens : capitaliser sur ces fonds publics en les associant à un accompagnement technique solide, un microcrédit seul ne suffit pas à sécuriser la viabilité d’un projet touristique.


Pour la CCISTN : ce dossier illustre une opportunité de pont entre expertise suisse en tourisme durable et dynamique entrepreneuriale tunisienne. Un partenariat de veille ou de mentorat avec l’AFMT pourrait être exploré.


Point de vigilance : l’efficacité du dispositif se mesurera dans 18 à 24 mois, au taux de survie réel des microentreprises financées, un indicateur à suivre pour évaluer si le pari de la diversification territoriale du tourisme tunisien se concrétise."


Votre équipe CCISTN

Chambre de Commerce et d'Industrie Suisse-Tunisie

 
 
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