Exportations tunisiennes : +8,6 % à fin septembre 2026, l'Europe reçoit 70,2 % des ventes

La Tunisie vend davantage à l'étranger, mais elle achète encore plus vite. Selon les résultats du commerce extérieur publiés le 12 octobre 2026 par l'Institut national de la statistique (INS), les exportations ont atteint 50,4 milliards de dinars sur les neuf premiers mois de l'année, en hausse de 8,6 % par rapport aux 46,420 milliards de 2025. Sur la même période, les importations ont progressé de 13,1 %, à 71,397 milliards de dinars.
Plusieurs secteurs tirent les ventes vers le haut. Les industries mécaniques et électriques gagnent 9,9 % et l'agroalimentaire 20,3 %, porté par l'huile d'olive, passée de 2,915 à 4,006 milliards de dinars. Dans l'énergie, les ventes de produits raffinés passent de 610,4 millions à 1,396 milliard de dinars. À l'inverse, les phosphates et dérivés reculent de 16,5 %, et le textile, l'habillement et le cuir de 4,7 %.
L'Europe reste de loin le premier client. Les exportations vers l'Union européenne atteignent 35,386 milliards de dinars, soit 70,2 % du total, contre 32,623 milliards un an plus tôt. Elles progressent vers la France (+5,4 %), l'Italie (+5 %) et l'Allemagne (+3,9 %). La France représente à elle seule 22,7 % des exportations tunisiennes, devant l'Italie (16,6 %) et l'Allemagne (14 %).
Le point faible reste l'énergie. Le déficit commercial atteint 20,997 milliards de dinars, dont 10,480 milliards pour les seuls produits énergétiques. Les exportations ne couvrent plus que 70,6 % des importations, contre 73,5 % un an plus tôt et 77,5 % sur la même période de 2024.
Source : Dorsaf Selmi, L'Économiste Maghrébin, 12/10/2026, « Tunisie : le déficit commercial frôle les 21 milliards de dinars, l'énergie en cause » https://www.leconomistemaghrebin.com/2026/10/12/tunisie-deficit-commercial-frole-21-milliards-dinars-lenergie-cause/
Pour la CCISTN, le chiffre clé de ce bilan est simple : 70,2 % des exportations tunisiennes partent vers l'Union européenne. Cette concentration est une force, car elle repose sur des liens industriels solides avec la France, l'Italie et l'Allemagne. C'est aussi une fragilité : lorsque quelques pays reçoivent l'essentiel des ventes, un ralentissement chez eux se répercute vite sur l'économie tunisienne.
La Suisse n'apparaît pas dans le détail des destinations repris par L'Économiste Maghrébin. Elle n'est pas membre de l'Union européenne et relève d'un autre cadre : l'accord de libre-échange entre la Tunisie et les États de l'AELE (Association européenne de libre-échange), signé à Genève le 17 décembre 2004 et en vigueur pour la Suisse depuis le 1er juin 2005. Selon l'AELE, les produits industriels tunisiens entrent sans droits de douane dans ses États membres depuis l'entrée en vigueur de l'accord. Celui-ci couvre aussi les produits de la pêche et les produits agricoles transformés, tandis qu'un accord bilatéral entre la Suisse et la Tunisie traite des produits agricoles de base. Les règles d'origine ont par ailleurs été mises à jour par une décision entrée en vigueur le 1er mars 2026.
Pour les exportateurs tunisiens, la Suisse est donc un marché européen voisin, accessible dans un cadre douanier déjà établi, qui permet de diversifier les clients sans s'éloigner du continent. Les secteurs en progression, industries mécaniques et électriques (+9,9 %) et agroalimentaire (+20,3 %), sont aussi ceux où les exigences suisses en matière de qualité et de traçabilité peuvent devenir un atout pour les entreprises qui s'y préparent.
Pour les entreprises suisses, la hausse des ventes tunisiennes vers l'Europe confirme la place de la Tunisie dans les chaînes de production européennes. Le déficit de 20,997 milliards de dinars rappelle enfin que vendre plus ne suffit pas : il faut aussi vendre à davantage de clients. C'est sur ce terrain, entre Genève et Tunis, que se joue une partie des échanges de demain.
Votre équipe CCISTN
Chambre de Commerce et d'Industrie Suisse-Tunisie



