Le groupe allemand Scherdel, 130 ans d'industrie, étudie une implantation en Tunisie

Un industriel allemand plus que centenaire regarde de près la Tunisie. Le 19 octobre 2026, une délégation du groupe Scherdel a rencontré Jalel Tebib, directeur général de la FIPA, l'agence tunisienne chargée de promouvoir l'investissement étranger, pour examiner les possibilités d'implantation et d'investissement dans le pays.
La délégation était conduite par Marcus Bach, associé-gérant du groupe, et accompagnée de Mariem Bougabrine, chargée des projets DEinternational à la Chambre tuniso-allemande de l'industrie et du commerce (AHK). Il ne s'agit pas d'un premier contact : cette visite est la deuxième démarche de prospection du groupe, après un premier déplacement en janvier 2026.
Selon la FIPA, Scherdel veut approfondir son évaluation de l'environnement économique tunisien, en particulier les compétences disponibles sur le marché local, ainsi que les incitations et avantages proposés aux investisseurs étrangers. Fondé il y a 130 ans, le groupe emploie plus de 7 000 personnes sur 35 sites de production et de recherche et développement. Ses métiers couvrent plusieurs domaines industriels : le formage du métal, l'assemblage et la jonction de pièces, les traitements de surface, ainsi que la fabrication de machines, d'outils et d'équipements.
Reste l'essentiel : à ce stade, aucune décision d'implantation en Tunisie ni aucun montant d'investissement n'ont été annoncés. Deux visites en 2026, en janvier puis en octobre, montrent toutefois que l'intérêt du groupe allemand pour le marché tunisien se confirme.
Source : Azza Trabelsi (signature du site : Trabelsi Azza), Managers, 20/10/2026, « Un nouveau groupe allemand de 130 ans d'expérience veut s'implanter en Tunisie » https://managers.tn/2026/10/20/un-nouveau-groupe-allemand-de-130-ans-dexperience-veut-simplanter-en-tunisie/
Informations complémentaires sur le groupe : site officiel de Scherdel
Pour la CCISTN, cette visite en dit long sur la manière dont l'industrie germanophone regarde aujourd'hui la Tunisie. Scherdel n'est pas une jeune pousse pressée. Selon son site officiel, l'entreprise est née en 1890 à Marktredwitz, en Allemagne, où Sigmund Scherdel a fondé une tréfilerie qui produisait d'abord du fil pour cordes de piano. Elle appartient toujours entièrement à la famille fondatrice. Ce type d'entreprise familiale raisonne en général sur le long terme : elle prend son temps avant de s'engager, puis s'installe pour durer.
Ce que le groupe vient vérifier est révélateur : les compétences disponibles et les incitations offertes aux investisseurs. Le coût ne suffit pas. Un industriel du formage, des traitements de surface ou de la fabrication d'outils a besoin de techniciens et d'ingénieurs bien formés, et de règles claires et stables. La présence de la FIPA et de l'AHK aux côtés de la délégation montre aussi combien un accompagnement institutionnel solide compte à chaque étape d'un projet.
Pour les entreprises suisses, le signal mérite attention. Beaucoup partagent avec l'industrie allemande la même culture de la précision, de la qualité et de la formation technique. Quand un groupe allemand de cette taille étudie la Tunisie, il explore un terrain qui peut aussi convenir à des PME suisses de la mécanique, du travail des métaux ou de l'outillage. La Suisse dispose en outre de son propre cadre avec la Tunisie : l'accord de libre-échange entre la Tunisie et les États de l'AELE, en vigueur pour la Suisse depuis le 1er juin 2005.
Rien n'est encore décidé, et aucun montant n'a été annoncé. Une deuxième visite en moins d'un an indique toutefois que la Tunisie a franchi une première étape aux yeux du groupe. La suite dépendra de sa capacité à prouver, dossier à l'appui, la qualité de ses compétences et la clarté de ses règles.
Votre équipe CCISTN
Chambre de Commerce et d'Industrie Suisse-Tunisie



