Jusqu’à 100 000 emplois : Nizar Yaïche propose de faire du solaire tunisien une source d’électricité pour l’Europe

Et si le soleil tunisien alimentait demain les foyers européens ? C’est la proposition de Nizar Yaïche, lors d’une rencontre consacrée aux 70 ans des relations tuniso-allemandes, organisée par la Konrad-Adenauer-Stiftung (KAS) Tunisie et la CONECT. Il imagine un corridor d’électricité verte, qui démarrerait avec une capacité de 5 à 5,5 GW, puis monterait en puissance sur 10 à 20 ans jusqu’à 100 GW. L’électricité serait produite dans les régions désertiques, convertie, stockée, puis envoyée vers l’Europe par des câbles, notamment via l’Italie. Selon lui, 3 à 4 % de la superficie du désert tunisien suffiraient. La priorité irait aux besoins de la Tunisie, et seuls les surplus seraient exportés. Il estime que le projet créerait entre 80 000 et 100 000 emplois, avec des effets positifs sur les finances publiques, le déficit commercial, l’accès à l’eau et l’agriculture. ELMED, l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, prévue pour 600 MW, serait une première étape, mais ne suffirait pas à elle seule. Nizar Yaïche plaide aussi pour passer de la sous-traitance à la coproduction. Il propose des financements qui n’alourdissent ni la dette publique ni celle des entreprises : sociétés de projet dédiées et contrats d’achat d’électricité à long terme. Il affirme que les premières études concluent à la faisabilité technique, financière et économique. Mais tout reste à faire : études, investissements et négociations. Prochaine échéance citée : le cycle budgétaire européen de 2028.
Source : L’Économiste Maghrébin, article de Dorsaf Selmi, publié le 22 octobre 2026.
Pour la CCISTN, cette proposition mérite d’être suivie de près, même si elle reste pour l’instant une vision et non un projet décidé. Nizar Yaïche lui-même précise que tout dépend encore des études, du financement et de négociations à venir. Il faut donc rester prudent : les chiffres cités, comme les 100 GW ou les 80 000 à 100 000 emplois, sont des estimations de l’intervenant.
Ce qui nous intéresse d’abord, c’est la méthode. L’idée n’est pas seulement de produire de l’électricité, mais de relier la production, le stockage, la conversion et le transport. L’article parle d’activités qui pourraient en découler : fabrication d’équipements énergétiques, technologies de stockage, services d’exploitation des réseaux. La Suisse n’est pas citée dans l’article, et nous ne disons pas qu’elle y aurait un rôle déjà prévu. Nous constatons seulement que ces métiers peuvent intéresser des entreprises suisses, qui cherchent des partenaires et des projets en Méditerranée.
Ensuite, la proposition défend la coproduction plutôt que la sous-traitance. Pour des investisseurs, y compris suisses, cela change la façon de travailler ensemble : on construit un projet commun, avec des intérêts partagés. Les outils évoqués, société de projet dédiée et contrat d’achat d’électricité à long terme, sont des solutions connues et lisibles. Elles demandent toutefois, comme le rappelle l’article, une répartition claire des risques entre les partenaires.
Enfin, le calendrier compte. ELMED, d’une capacité prévue de 600 MW, est présenté comme une première étape, et le prochain cycle budgétaire européen, à partir de 2028, comme une échéance importante. Les entreprises qui veulent comprendre ce marché ont intérêt à s’informer dès maintenant, sans se précipiter.
À Genève, notre rôle est de suivre ces idées avec sérieux, de relayer l’information utile à nos membres et de favoriser le dialogue entre acteurs suisses et tunisiens, pour que les opportunités éventuelles se préparent sur des bases solides.
Votre équipe CCISTN
Chambre de Commerce et d’Industrie Suisse-Tunisie



